L’Île mystérieuse
Prolonge l’univers vernien par une aventure de survie et d’ingéniosité scientifique où rejaillit, en filigrane, la légende entourant le capitaine Nemo et ses secrets.
Jules Verne · 1870
Pierre Aronnax n'avait plus qu'à rentrer en France, ses malles pleines de fossiles du Nebraska, quand la nouvelle d'un monstre marin terrifiant le jeta dans l'aventure qui changerait sa vision du monde. Les navires coulaient sur tous les océans, éperonnés par une masse phosphorescente que les survivants décrivaient comme une baleine gigantesque, mais plus rapide qu'aucun cétacé connu. L'Abraham-Lincoln appareilla de Brooklyn avec mission de débarrasser les mers de cette menace, emportant le professeur du Muséum, son fidèle domestique Conseil, et Ned Land, le roi des harponneurs canadiens. La frégate poursuivit le monstre pendant des mois à travers le Pacifique, jusqu'à cette nuit où la chose lumineuse fonça sur eux avec une violence qui précipita les trois hommes par-dessus bord.
Ils se croyaient perdus dans l'immensité noire de l'océan quand leurs mains rencontrèrent non pas la peau d'une bête mais le métal froid d'une coque boulonnée. Un panneau s'ouvrit, des hommes masqués les entraînèrent dans les entrailles d'un navire sous-marin que nul n'avait imaginé possible. Le capitaine Nemo les accueillit dans son Nautilus comme des prisonniers privilégiés, leur ouvrant les portes d'un palais submersible où s'entassaient toiles de maîtres, bibliothèque de douze mille volumes, et merveilles arrachées aux profondeurs. Mobilis in mobile, mobile dans l'élément mobile : ainsi vivait cet homme qui avait rompu avec l'humanité pour habiter sous les eaux, se nourrissant exclusivement de la mer, tirant l'électricité de ses courants, transformant son sel en sodium pour alimenter ses machines prodigieuses.
Le voyage commença comme une féerie scientifique à travers les forêts de varechs du Pacifique où les poissons multicolores dansaient devant les hublots du salon. Aronnax s'émerveillait de pouvoir marcher sur les fonds marins dans un scaphandre autonome, chassant avec Nemo dans les plaines sous-marines de Crespo, découvrant les bancs de perles de Ceylan où le capitaine sauva un pêcheur indien d'un requin monstrueux. Le Nautilus traversa la mer Rouge par un tunnel secret sous l'isthme de Suez que Nemo avait découvert, remonta la Méditerranée en quarante-huit heures, s'enfonça dans l'Atlantique jusqu'aux ruines englouties de l'Atlantide où des colonnes de lave pétrifiée témoignaient d'une civilisation disparue dans les abîmes.
Mais derrière les merveilles se révélait peu à peu la face sombre du capitaine. Quand un navire de guerre apparaissait à l'horizon, Nemo devenait un autre homme, ses yeux s'embrasaient d'une haine terrible, et le Nautilus se transformait en bélier d'acier pour éperonner les coques et envoyer les équipages par le fond. Au pôle Sud, où nul homme n'avait posé le pied, ils plantèrent un pavillon noir sur la banquise avant d'être emprisonnés sous les glaces, manquant suffoquer jusqu'à ce que l'équipage brise la carapace gelée à coups de pic. Dans les eaux de l'Atlantique, des poulpes géants aux tentacules de sept mètres attaquèrent le submersible, et un matelot fut arraché sous les yeux de tous, broyé par les becs cornés des monstres.
Ned Land ne rêvait que d'évasion, supportant de moins en moins cette prison dorée qui parcourait vingt mille lieues sous les mers. Quand le Nautilus remonta vers les côtes norvégiennes, poursuivi par un navire de guerre qu'il s'apprêtait à couler, le harponneur convainquit ses compagnons de fuir. Ils se glissèrent dans le canot de sauvetage au moment où le sous-marin plongeait vers le maelström, ce tourbillon qui broie les navires au large des Lofoten. Le fracas de l'eau les assourdit, le canot tournoya dans la spirale mortelle, puis ce fut le noir. Aronnax se réveilla dans la cabane d'un pêcheur norvégien, sauvé avec ses deux compagnons, tandis que le Nautilus avait disparu dans le gouffre, emportant Nemo et ses secrets vers les profondeurs d'où peut-être ils ne remonteraient jamais, laissant au professeur le souvenir brûlant d'avoir entrevu un monde que les hommes de la surface n'étaient pas prêts à comprendre.
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Prolonge l’univers vernien par une aventure de survie et d’ingéniosité scientifique où rejaillit, en filigrane, la légende entourant le capitaine Nemo et ses secrets.
On y retrouve le goût de Verne pour l’exploration méthodique du globe, les énigmes géographiques et la pédagogie scientifique, mais cette fois à la surface des mers et des continents.
Ce roman mêle voyage en mer, mystères polaires et atmosphère d’étrangeté croissante, offrant une face plus sombre et hallucinée des grandes expéditions nautiques.