Honoré de Balzac
1799–1850
Né à Tours en 1799 et mort à Paris en 1850, Honoré de Balzac traverse la première moitié du XIXe siècle avec une énergie dévorante. Ces cinquante et une années dessinent le parcours d'un homme qui aura connu l'Empire finissant, la Restauration, la monarchie de Juillet, et les soubresauts d'une France en pleine mutation industrielle et sociale — une époque dont il deviendra le romancier par excellence.
Sa jeunesse tourangelle le mène d'abord au collège des oratoriens de Vendôme, où il passe six années de pensionnat entre 1807 et 1813. Plus tard, le voilà clerc de notaire chez Jean-Baptiste Guillonnet-Merville — expérience du droit et de ses coulisses qui nourrira profondément son œuvre. Mais c'est vers la littérature qu'il se tourne avec obstination, quittant l'étude pour la plume, avec cette ambition démesurée qui le caractérisera toujours.
Son œuvre majeure, La Comédie humaine, entreprise titanesque qui s'étend de 1829 à 1855, constitue une cathédrale romanesque où se croisent et se répondent les destins. Le Père Goriot, Eugénie Grandet, La Peau de chagrin, Le Lys dans la vallée, Le Chef-d'œuvre inconnu — autant de romans qui composent cette fresque immense où Balzac ausculte les passions humaines avec une précision de naturaliste et une tendresse de confesseur. Les Cent Contes drolatiques révèlent une autre facette, truculente et gauloise, tandis que ses tentatives théâtrales, L'Interdiction et La Marâtre, témoignent de son désir d'embrasser tous les genres.
Sa vie d'écrivain fut celle d'un forcené de l'écriture, mais aussi d'un entrepreneur malheureux — deux revues qu'il dirige font faillite — et d'un amoureux patient. Il courtise pendant dix-sept ans la comtesse Hańska avant de l'épouser en 1850, quelques mois seulement avant sa mort. Homme de lettres engagé, il contribue à fonder la Société des gens de lettres, défendant les droits de ses pairs avec la même passion qu'il mettait à créer ses personnages.
Balzac nous lègue une œuvre où le réalisme n'est jamais froid calcul mais vision ardente du monde. Ses personnages — arrivistes, usuriers, jeunes ambitieux montés de province, vieilles filles au cœur d'or ou de pierre — continuent de nous parler parce qu'ils portent en eux cette démesure des désirs qui fait le sel et le drame de toute existence humaine. Dans cette comédie qu'il qualifie d'humaine, c'est notre propre théâtre intérieur qu'il met en scène, avec ses grandeurs et ses petitesses, ses élans sublimes et ses calculs sordides.
Bibliographie
- La Comédie humaine1829 à 1855
- Les Cent Contes drolatiques
- Le Chef-d'œuvre inconnu
- La Peau de chagrinExploré
- Le Lys dans la vallée
- Le Père Goriot
- Eugénie Grandet
- L'Interdiction
- La Marâtre
Dans la bibliothèque
Notice originale — La Lettre Littéraire, d'après des sources publiques vérifiées.