Gustave Flaubert
1821–1880
Né à Rouen en décembre 1821, Gustave Flaubert appartient à cette génération qui traverse le siècle, témoin des soubresauts politiques et des mutations profondes de la société française. Mort à Croisset en mai 1880, il aura vécu entre monarchie de Juillet et République naissante, dans cette Normandie bourgeoise qui nourrit son regard d'une lucidité parfois cruelle, toujours exacte.
Sa jeunesse dessine déjà les contours de l'écrivain qu'il deviendra : fondateur avec Ernest Chevalier du journal manuscrit Art et Progrès dès 1834, renvoyé de son établissement scolaire pour indiscipline en 1839, il montre tôt ce tempérament rebelle et cette passion littéraire qui le définiront. Les études de droit entreprises à Paris en 1841 tournent court : une première crise d'épilepsie en janvier 1844 le ramène en Normandie, où il s'installe à Croisset quelques mois plus tard. Cette retraite forcée devient sa forteresse d'écriture.
L'œuvre de Flaubert se déploie avec une exigence qui fait de chaque livre un événement. Madame Bovary paraît en 1857 et lui vaut aussitôt un procès pour atteinte aux bonnes mœurs — il sera acquitté, mais le scandale révèle combien son écriture dérange. Puis viennent Salammbô en 1862, cette fresque carthaginoise pour laquelle il voyage jusqu'en Tunisie en 1858, L'Éducation sentimentale en 1869, et les Trois Contes en 1877. Chaque œuvre porte la marque de son obsession du style parfait, de la phrase juste, du mot exact.
Sa vie d'écrivain se partage entre retraite normande et voyages qui nourrissent son imaginaire. Le périple en Orient avec Maxime Du Camp entre 1849 et 1852 marque profondément sa vision du monde. Les deuils précoces — son père et sa sœur meurent au début de 1846 — l'ancrent dans une solitude que viennent éclairer quelques passions, comme sa liaison avec la poétesse Louise Colet commencée au printemps 1846, ou cette rencontre fondatrice avec Élisa Schlésinger à Trouville-sur-Mer durant l'été 1836, figure qui hantera longtemps son œuvre.
Flaubert reste celui qui a fait du roman un art total, où la précision documentaire se mêle à la musique de la phrase, où le réalisme le plus minutieux côtoie les élans lyriques les plus purs. Son ermitage de Croisset devient le laboratoire d'une écriture qui refuse tout compromis, cherchant dans chaque page cette perfection formelle qui fait encore aujourd'hui de lui notre contemporain le plus exigeant.
Bibliographie
- Madame BovaryExploré1857
- Salammbô1862
- L'Éducation sentimentale1869
- Trois Contes1877
Dans la bibliothèque
Notice originale — La Lettre Littéraire, d'après des sources publiques vérifiées.